Enjeux contemporains de la photographie

Cette conférence, donnée à l’ETPA dans le cadre du cycle « Les Grands témoins de la photographie », présente la vision de Michel Poivert, célèbre historien de la photographie. Il y développe sa thèse sur la mutation profonde du médium photographique au tournant du XXIe siècle.

 

 

Résumé des points clés

1. L’Historien du présent Michel Poivert commence par définir sa démarche : il ne se voit pas seulement comme un historien du passé (XIXe siècle), mais comme un « historien du présent ». Son but n’est pas de dire ce qui est “bien” ou “beau” (rôle du critique), mais de diagnostiquer des symptômes et de produire des récits pour donner du sens à la création actuelle.

2. La rupture historique : La fin de l’ère industrielle La thèse centrale est que la photographie a vécu une rupture majeure.

  • Avant : La photographie était une industrie liée à la presse, à la technique et à l’usage documentaire.

  • Aujourd’hui : Avec la révolution numérique, la photographie s’est détachée de sa fonction purement utilitaire et industrielle. Elle est devenue un art à part entière. Selon Poivert, la photographie est “morte” en tant qu’industrie pour mieux renaître en tant que culture et art.

3. La Photographie contemporaine et la “Contre-culture” Dans la partie avancée de la conférence, Michel Poivert aborde souvent les thèmes de son ouvrage Contre-culture dans la photographie contemporaine. Il explique comment les artistes réagissent à la saturation des images numériques :

  • Le retour au matériel : Il observe un retour aux procédés anciens (argentique, collodion, cyanotype). Ce n’est pas de la nostalgie, mais une forme de résistance.

  • L’Écosophie : Cette démarche est souvent liée à une conscience écologique. Les photographes cherchent à ralentir, à toucher la matière, à recréer un lien physique avec l’image, en opposition au flux immatériel et rapide du numérique.

  • L’image “performée” : La photo n’est plus juste une prise de vue, elle devient un objet que l’on fabrique, que l’on sculpte ou que l’on altère (comme le photocollage).

4. Le Livre comme espace de création Il souligne l’importance cruciale du livre photo. C’est devenu l’espace privilégié où le photographe affirme son statut d’auteur, s’émancipant de la simple commande de presse.

5. Conclusion et Questions (Fin de la vidéo) Lors des questions-réponses, un étudiant l’interroge sur le pouvoir de l’historien (est-ce une “prophétie autoréalisatrice” ?). Poivert répond avec humilité : il refuse l’autorité dogmatique (“c’est ça qu’il faut faire”) mais assume la responsabilité de ses choix. Il explique qu’il met en lumière des pratiques (comme celles des femmes photographes ou des expérimentalistes) qui pourraient sinon être oubliées par le courant dominant.

A propos de Michel Poivert